Events · August 12, 2026

Éclipse du 12 août 2026 puis Perséides : la nuit la plus noire de la décennie

By Jérôme Musialak

Fondateur de SkyChart · updated on August 19, 2026

Le 12 août 2026, à 20h17min12s heure de Paris, la Lune masquera 92,0 % du disque solaire vu de la capitale. Le Soleil sera alors à 7,7° au-dessus de l’horizon, presque plein ouest (azimut 283,8°). L’éclipse commence à 19h22 avec le Soleil à 16,6°, et elle ne se termine pas dans le ciel : elle se termine à l’horizon, à 21h09, le disque n’étant plus qu’à 0,1° de hauteur. Deux minutes plus tard, il se couche. Cent sept minutes d’éclipse, dont les dernières se jouent dans la brume d’horizon : il faut un horizon ouest parfaitement dégagé, et il faut être prêt tôt.

Carte de l’obscuration solaire du 12 août 2026 sur l’Europe de l’Ouest, calculée sur une grille de 3 233 points, avec côtes et frontières, isolignes et villes repères annotées de leur obscuration et de l’heure locale du maximum.

L’obscuration calculée en 3 233 points répartis de 35° à 68° de latitude et de 26° ouest à 20° est, un par un, avec le même moteur d’éphémérides que la carte du ciel de l’application. Plus la teinte est sombre, plus le Soleil est masqué. Le liseré vert marque la limite de la totalité ; à l’intérieur, le Soleil disparaît entièrement. La zone voilée de gris, au sud-est, est celle où le maximum se produit après le coucher du Soleil : l’obscuration y est réelle mais invisible, et les isolignes s’y arrêtent. Côtes et frontières : Natural Earth (domaine public), projetées avec la même projection que la grille.

Illustration SkyChart

Où l’éclipse sera-t-elle totale le 12 août 2026 ?

Le maximum mondial a lieu à 17h45min47s TU par 65,2° N et 25,2° O, au large de l’Islande : Reykjavík y voit le Soleil disparaître 65 s à 17h48 locales, à 24,6° de hauteur. L’ombre traverse ensuite l’Atlantique et retombe sur l’Espagne au moment où le Soleil s’y couche : Oviedo, 1 min 51 s de totalité à 10,3° ; Burgos, 1 min 47 s à 8,3° ; Valence, 1 min 06 s à 4,6°, autant dire posé sur les toits.

Ailleurs l’éclipse reste partielle, mais profonde. Depuis Paris, le diamètre apparent de la Lune sera de 32,5′ contre 31,6′ pour le Soleil : elle est plus grande que lui ce soir-là et a donc de quoi le recouvrir entièrement. Il manque quelques centaines de kilomètres d’alignement.

Obscuration maximale et heure locale du maximum, ville par ville
VilleObscurationMaximumHauteur du Soleil
Reykjavík totale100 %17h4824,6°
Oviedo totale100 %20h2810,3°
Valence (Espagne) totale100 %20h334,6°
Madrid99,97 %20h327,3°
Barcelone99,8 %20h293,9°
Biarritz99,4 %20h277,5°
Toulouse97,8 %20h265,6°
Bordeaux97,5 %20h247,5°
Brest96,4 %20h1911,7°
Marseille96,3 %20h253,0°
Lyon93,8 %20h224,6°
Paris92,0 %20h177,7°
Londres91,3 %19h1310,4°
Lille90,3 %20h148,2°
Strasbourg89,8 %20h164,4°
Bruxelles89,5 %20h137,5°
Berlin84,8 %20h083,5°

Obscuration maximale et heure locale du maximum, ville par ville

Deux lignes demandent une lecture attentive : Marseille affiche 96,3 % pour un Soleil à 3,0°, Berlin 84,8 % à 3,5°. À ces hauteurs, une colline, un immeuble ou une couche de brume suffisent à tout annuler. À Rome, le calcul donne 95,5 % pour un Soleil à −1,9° : le maximum s’y produit après le coucher, et c’est pourquoi une carte d’obscuration sans hauteur du Soleil ment par omission.

Comment observer une éclipse de Soleil sans risque ?

Ne regardez jamais le Soleil sans un filtre conçu pour l’observation solaire : lunettes certifiées ISO 12312-2 pour l’œil nu, filtre pleine ouverture pour un instrument. Un Soleil masqué à 92 % reste éblouissant. Les 8 % restants sont encore quelques dizaines de milliers de fois plus lumineux que la pleine Lune, et le cristallin les concentre sur la rétine, qui n’a pas de récepteurs de douleur. La brûlure est indolore, immédiate et définitive.

Lunettes de soleil, films photographiques, verres fumés, CD, radiographies, filtres bricolés : aucun ne convient. Jamais de jumelles ni de télescope sans filtre placé devant l’objectif. Hors de la bande de totalité, il n’y a aucun instant où l’on peut le retirer : l’œil nu n’est possible qu’à l’intérieur de la bande, et seulement pendant la totalité elle-même.

Horizon ouest de Paris entre 19h22 et 21h09 le 12 août 2026 : cinq positions calculées du Soleil éclipsé descendant vers l’horizon, avec la forme réelle du croissant et un encart au maximum.

L’éclipse vue depuis Paris comme une descente. Les cinq disques sont placés à leur position réelle en azimut et en hauteur ; leur forme est l’intersection calculée des deux disques, aux diamètres apparents du jour. Le disque solaire est agrandi six fois : à l’échelle vraie, il ferait 1,4 pixel de rayon sur cette image. Vénus, à 20,6° de hauteur et de magnitude −4,4, est le seul astre qui ait une chance d’être aperçu dans ce ciel encore clair.

Illustration SkyChart

À quelle heure fait-il vraiment nuit le 12 août ?

Après le coucher, il faut attendre. À Paris le 12 août, le crépuscule civil s’achève à 21h47, le nautique à 22h31, et la nuit astronomique (Soleil sous −18°, seul régime où le fond du ciel n’est plus éclairé) ne commence qu’à 23h23. Elle s’achève à 4h28, soit 5h05 de nuit vraie.

Pourquoi les Perséides 2026 tombent-elles dans un ciel sans Lune ?

Le pic des Perséides tombe la même nuit. L’essaim, alimenté par la comète 109P/Swift-Tuttle, entre dans l’atmosphère à 59 km/s depuis un radiant situé à 48° d’ascension droite et +58° de déclinaison, dans Persée. Son taux horaire zénithal de référence est de 100.

Et cette nuit-là, la Lune est absente : 0,10 % du disque éclairé à 2h du matin le 13 août, autant dire zéro. L’éclipse est la nouvelle lune, c’est le même astre. La Lune qui passe devant le Soleil à 20h17 se couche à 21h11min57s, une minute après lui, et ne se lève pas de la nuit.

Nous avons calculé la phase lunaire à 2h du matin la nuit du maximum, chaque année de 2020 à 2032 : 2026 est la seule année à zéro. Les deux meilleures suivantes sont 2023 (10,4 %) et 2029 (11,4 %). Les pires sont 2030 (99,6 %) et 2022 (98,6 %) : une pleine Lune, et une pluie d’étoiles filantes réduite aux seules plus brillantes.

Frise des treize disques lunaires calculés à 2h du matin la nuit du maximum des Perséides, de 2020 à 2032 ; 2026 est le seul disque entièrement noir.

Treize maximums de Perséides, treize Lunes. Chaque disque est la géométrie réelle du terminateur pour la fraction éclairée calculée à 2h heure de Paris, la nuit du 12 au 13 août. Seul 2026 est noir. La précédente occasion comparable, à 10,4 %, remonte à 2023 ; la suivante, à 11,4 %, est en 2029.

Illustration SkyChart

Combien d’étoiles filantes verra-t-on par heure ?

Un taux horaire zénithal n’est pas un nombre d’étoiles filantes comptées. Le premier facteur est géométrique : un radiant bas ne délivre qu’une fraction sin(h) de son débit. Depuis Paris, nous calculons la hauteur du radiant heure par heure : 20,8° à 22h, 29,7° à minuit, 42,4° à 2h, 57,5° à 4h, 65,4° à 5h.

Appliqué à un taux de 100, ce seul terme plafonne l’espérance à 36 météores par heure à 22h, 50 à minuit, 67 à 2h et 91 à 5h. Ce sont des bornes hautes, valables pour un ciel de magnitude limite 6,5, c’est-à-dire un site rural noir ; depuis un jardin de banlieue il faut encore diviser, et nous n’avançons pas de facteur faute de pouvoir le calculer honnêtement. Reste l’essentiel : tout se passe après une heure du matin, et la meilleure heure est la dernière, avant l’aube astronomique du 13 août à 4h28.

Capture du rendu WebGL de l’application SkyChart : le ciel de Paris à 2h du matin le 13 août 2026, centré sur Persée, avec la Voie lactée, la galaxie d’Andromède, les Pléiades et le radiant des Perséides repéré à 42,4° de hauteur.

Le ciel réel de Paris à 2h du matin, le 13 août 2026 : une capture du rendu de l’application, voûte WebGL comprise, constellations en tracé seul pour ne pas masquer le champ d’étoiles. Le cercle est le réticule de l’application, centré sur le radiant : sa position est calculée par le moteur, pas placée à la main. Il se tient à 42,4° de hauteur, azimut 46°, entre Persée, en or, et le W de Cassiopée, juste au-dessus. Il ne sert pourtant à rien de le fixer : les traînées sont d’autant plus longues qu’on regarde loin de lui. Visez plutôt à 30° ou 40° de côté, allongé, et laissez le champ de vision travailler.

Capture SkyChart

Quelles sont les limites de ces prévisions ?

Les horaires et les obscurations sont géométriques. Ils ne contiennent aucune météo, et à 3° ou 4° de hauteur la météo décide de tout.

L’obscuration est une fraction d’aire de disque, pas une luminosité. À 92 %, la lumière ambiante reste celle d’une fin d’après-midi voilée : il n’y a ni obscurité, ni couronne, ni étoiles. La différence entre 99 % et 100 % n’est pas graduelle, elle est de nature.

La hauteur du Soleil est corrigée de la réfraction atmosphérique standard. Près de l’horizon, la réfraction réelle dépend de la température et de la pression : comptez quelques dixièmes de degré d’incertitude, ce qui déplace de quelques dizaines de secondes la fin observable de l’éclipse.

Le taux horaire zénithal de 100 est une valeur de référence de l’IMO, pas une prévision. Les Perséides ont connu des années à 150 et d’autres à 60. Le facteur sin(h) est la seule correction appliquée ici ; la brillance du ciel dépend du lieu exact de l’observateur, et nous la traitons séparément.

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